L’habitude de l’autoglorification, de l’évasion et de la fuite en avant lorsqu’arrive le temps des constats désagréables de toutes natures par des faits simples qui traduisent la vérité, est un art propre aux lâches, aux imbéciles, aux tricheurs, aux paresseux et aux fainéants, dont la seule idéologie connue, enseigne que tout le monde est la même chose, et que de toute façon, tout ce que Dieu fait est bon. Mais, jamais cette cupidité attentatoire à la raison logique, à la compétence et aux bonnes mœurs, ne triomphe éternellement en tout lieu. Il y a une fin, et les adeptes magiciens ou sorciers de ces discours obscurantistes, terminent leur course, tôt ou tard dans les poubelles infâmes de l’histoire. La honte se substitue alors dans le sac, à l’orgueil et d’inutiles vanités.
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Mais qui l’eut cru ? le Cameroun est sorti dernier dans un concours africain destiné à consacrer des spécialistes dans le magistère sublime d’agrégé, professeur, érudits des soins médicaux. Que comprendre, que nous traînons dans nos formations sanitaires, des criminels ou des incompétents sans expertise ni talents, ni vision scientifique, auxquels nous exposons nos vies ? GRAVE.
La nouvelle nous tombe dessus, au moment où l’on apprend avec lourdeur et peine, que des marchands de tapis font des affaires à plusieurs millions de Francs CFA, pour des places à notre école nationale d’administration et de magistrature. On y forme tout le gratin de la justice, de la haute fonction publique et autres. La nouvelle nous tombe, en plein débat sur une histoire d’association cultuelle (VEDC), où une poignée de gens, jouant des travers ethniques et des influences négatives, se sont levés pour arracher aux fondateurs, les rennes de l’église, usant de faux et faux, et en étant avalisés officiellement par le MINAT. La nouvelle nous tombe dessus, quand une curieuse affaire impliquant les plus hauts magistrats, bouleverse la quiétude des tribunaux à Bafoussam. La nouvelle nous tombe dessus, au moment où personne ne sait plus si la FECAFOOT est devenue un parti de fait et une entreprise personnelle du président, ou un petit Etat dans l’Etat. La nouvelle nous tombe dessus, au moment où de très hauts commis de l’Etat, se sont lancés dans la construction et la promotion des cabarets de débauche, et en interdisent l’accès aux forces de l’ordre. Voilà le tableau.
Dernier, qui l’eut cru, le Cameroun ? C’est suffisamment inquiétant pour que nous nous remettions complètement en cause, et tous. On se remémore, moi en premier, que des plaintes nous sont parvenues, montrant que les admissions dans des écoles de médecine étaient trafiquées, que certains médecins sont admis automatiquement en spécialisation sans remplir les conditions, sans l’expérience requise de terrain en nombre d’années. Les meilleurs partent, s’expatrient, et les cancres resteraient donc ? Ne généralisez rien, pardon.
Lorsque j’ai appris fortuitement à propos de ce concours, que certains médecins auteurs des actes ayant entraîné le décès des patients sont partis composer, j’ai imploré le ciel, j’ai conjuré le sort, et j’ai pensé à la dignité, à l’honneur et la crédibilité de notre pays. Dans un pays où on a dû suspendre les inscriptions en thèse de doctorat, il faut bien comprendre qu’il y a péril en la demeure. Je m’étais déjà plain, de ce que des doctorats étaient vendus, de ce que la discrimination entre les étudiants en spécialisation où certains payent les yeux de la tête et d’autre un franc symbolique ne s’explique pas. Hélas, jamais il n’y a eu de réponse.
L’heure est grave, et le moment est venu, de répéter les paroles du Président Paul Biya : quel Cameroun voulons-nous pour nos enfants ? Le Cameroun est à construire et non à détruire. J’en ai fait une profession de foi personnelle, parce que personne ne peut s’opposer ni contredire la justesse de ces paroles de sage. Mais alors, le constat est troublant, quand on voit des compatriotes au plus haut niveau, y compris dans l’entourage immédiat du président, faire exactement le contraire. Ils appelleront tous à un nouveau mandat, mais sont-ils honnêtes ? Ceux qui trafiquent les titres fonciers et sèment la guerre sur les terres, ceux qui allument des incendies avec des décisions cyniques et cruelles arrimées sur des discriminations, le vol et le tribalisme, ne travaillent pas pour le président. Soyons précis et fermes : Le président Paul Biya est dorénavant un véritable orphelin, et nous autres qui continuons à croire au pays, à soutenir qu’il doit être laissé tranquille, qu’on ne devrait plus le tromper et qu’on lui doit le respect éternel, pour son accession au pouvoir par le mérite, le travail et la loyauté, nous nous retrouvons coincés, pressés et esseulés.
Ce n’est qu’un concours de médecins, mais c’aurait pu être dans un autre domaine. C’est un concours parlant, qui envoie un message de trop sur notre sort. J’ai déjà dit à maintes reprises, qu’accuser ne servira à rien, et que le dialogue, l’honnêteté, le pardon et l’humilité seuls, nous permettront de nous reprendre, de nous ressaisir, de nous corriger et d’avancer. Que cesse la vanité des grands docteurs et des grands professeurs qui sortent derniers au concours international, et que vive un Cameroun plus humble, mieux apaisé et réconcilié. La nouvelle est amer certes, mais elle ne rayera pas le Cameroun de la carte du monde. Elle ne doit pas être sans conséquences non plus.
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