Après quatorze années de travaux et une nuit entière de célébrations, l’Éthiopie a inauguré ce mardi matin le Grand barrage de la Renaissance (GERD), considéré comme le plus grand barrage hydroélectrique du continent africain.
Érigé sur le Nil Bleu, près de la frontière soudanaise, l’ouvrage impressionne par ses dimensions : une digue de 1 800 mètres de long, une hauteur de plus de 145 mètres, et un réservoir d’une capacité estimée à 74 milliards de mètres cubes. Sa puissance installée atteint 5 150 mégawatts, de quoi doubler la production électrique du pays et alimenter des millions de foyers.
Le coût du projet est évalué à près de 5 milliards de dollars. Particularité : il a été financé en grande partie grâce aux ressources internes du pays, via des obligations et des contributions citoyennes, symbole d’un effort collectif pour réduire la dépendance énergétique de l’Éthiopie.
Mais derrière la fierté nationale, les inquiétudes persistent. L’Égypte et le Soudan, pays situés en aval du fleuve, redoutent un impact négatif sur leur approvisionnement en eau. Le Caire dénonce depuis des années l’absence d’accord contraignant sur la gestion du remplissage du barrage, craignant des répercussions sur l’agriculture et la sécurité hydrique.
Addis-Abeba, de son côté, assure que le barrage ne vise pas à nuire à ses voisins, mais à devenir un moteur de développement économique, tout en exportant de l’électricité vers d’autres pays de la région.
Avec cette mise en service, l’Éthiopie marque une étape historique dans sa quête d’autonomie énergétique. Reste à savoir si ce géant de béton sera également un point de convergence ou un nouveau foyer de tensions sur le bassin du Nil.
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