L’annonce a surpris plus d’un observateur de la scène politique camerounaise. Le professeur Maurice Kamto, président du Mouvement pour la Renaissance du Cameroun (MRC), vient d’être investi par le MANIDEM (Mouvement Africain pour la Nouvelle Indépendance et la Démocratie), parti historiquement marginal mais reconnu pour sa proximité avec certains cercles du pouvoir. Une démarche pour le moins inattendue, surtout au regard de la posture constante d’opposition radicale adoptée par le Pr Kamto vis-à-vis du régime en place et du processus électoral.
Il y a quelques heures à peine, l’ancien candidat de 2018 contestait encore publiquement la convocation du corps électoral, dénonçant ce qu’il qualifiait de mascarade électorale organisée sans les conditions minimales de transparence. Mais voilà qu’en l’espace d’une journée, il opère un revirement spectaculaire : se faire investir par un parti qu’il n’a jamais représenté, au mépris de la cohérence idéologique et programmatique.
Une candidature par défaut ?
Conséquence de querelles internes et d’un manque de stratégie structurelle — le professeur Kamto semble chercher une porte d’entrée de secours pour se maintenir dans la course présidentielle. Une manœuvre qui interroge sur la sincérité de son combat démocratique, d’autant plus que le MANIDEM est un parti historiquement considéré comme dormant, et dont les accointances avec certains réseaux du pouvoir alimentent la controverse.
Ce ralliement improvisé met aussi en lumière les grandes failles de l’opposition camerounaise, incapable de s’unir autour d’une stratégie électorale claire à moins de trois mois du scrutin présidentiel. L'absence de primaires ouvertes, la confusion des alliances, et la politisation des candidatures personnelles au détriment d’un projet commun crédible affaiblissent un peu plus la position des partis dits de l’alternance.
Un remake de 2018 improbable ?
Alors que Maurice Kamto revendiquait la victoire en 2018 avec un score contesté, il aborde cette campagne de 2025 affaibli, isolé et controversé. La question reste entière : le MANIDEM lui servira-t-il de tremplin ou de piège politique ? Peut-il encore incarner le changement après un tel retournement ? Et surtout, le peuple camerounais lui accordera-t-il à nouveau sa confiance ?
L’histoire jugera, mais les faits du jour confortent une opinion publique de plus en plus sceptique face à une opposition divisée, désorganisée, et parfois en contradiction flagrante avec ses propres discours.
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