Le président Yoon Suk Yeol a promis des réformes jeudi après son échec lors d'un scrutin largement considéré comme un référendum de mi-mandat pour son programme conservateur.
Le président Yoon Suk Yeol est condamné à une «cohabitation» au long cours, après la cinglante défaite de son camp aux élections législatives du 10 avril, en Corée du Sud. Le dirigeant conservateur devra donc gouverner sans majorité durant l'ensemble de son quinquennat, une première dans l'histoire de la jeune démocratie d'Asie du Nord-est. Le Parti démocratique de Corée (DP) a maintenu sa majorité à l'Assemblée nationale, remportant une large victoire, deux ans après l'élection de Yoon, annonçant une seconde moitié de mandat difficile pour l'ancien procureur devenu président. «Yoon est désormais un ’canard boiteux’», juge le cabinet d'analyse Eurasia.
Le parti «bleu» de centre gauche et ses alliés ont remporté 175 sièges contre seulement 108 aux «rouges» du People Power Party (PPP) sur les 300 en jeu, grâce à une forte mobilisation de l'électorat. Une participation record depuis trois décennies, signalant la frustration de la population dans un contexte économique plombé par l'inflation, la hausse des taux, et la crise de l'immobilier. «L'économie est stagnante et la population a du mal à maintenir son niveau de vie», explique Ho Jinjae, directeur de recherche à Gallup. Avec une croissance de 1,4% en 2023, le Tigre coréen marque le pas, ses exportations souffrant de la faiblesse de la demande mondiale et des tensions géopolitiques.
«Les électeurs ont infligé leur verdict à l'administration Yoon», s'est réjoui Lee Jae Myung, chef de file du DP, qui signe une éclatante revanche, après avoir perdu la course présidentielle d'un cheveu en 2022. Les affaires de corruption qui poursuivent le controversé chef de l'opposition n'ont pas détourné des électeurs remontés contre le pouvoir, et le style abrupt du président, en pleine tension avec la Corée du Nord.
Plusieurs démissions dans le gouvernement
Unis et le Japon et une ligne dure face à Pyongyang. Au risque de redoubler d'engagement dans ce domaine pour compenser son impuissance sur le front intérieur. Une dynamique délicate, alors que la réconciliation engagée avec l'ancien maître colonial nippon reste un sujet sensible dans une large partie de l'opinion. L'hypothèse d'un retour de Donald Trump à la Maison-Blanche est également un potentiel défi pour Séoul, alors que l'imprévisible président avait tendu la main au «leader suprême» nord-coréen Kim Jong-un, et exigé que l'allié sud-coréen «paye plus» pour la présence des GI's sur son sol.
0 commentaire(s)
Laissez un commentaire
Votre adresse électronique ne sera pas publiée. Les champs obligatoires
Français
English