Monsieur Abdouraman Oumarou, Secrétaire général Ordre national des médecins du Cameroun
HUMBLE ET FRATERNELLE
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Monsieur le Secrétaire général,
En vous renouvelant toute ma considération, par devoir autant que par dévotion pour le statut très strict que je m’impose socialement, en ma qualité de Médiateur universel, je vous prie d’accepter que je vous interpelle. Je suis dorénavant conscient que je dois faire attention à votre élévation et tenir compte de votre supériorité voulues.
Monsieur le Secrétaire général, j’ai pris connaissance ce jour, d’un communiqué signé de votre main, suite à ma correspondance à Monsieur le Ministre de la santé, l’informant de notre rencontre du 04 septembre courant, avec pour objet la recommandation d’une table ronde entre l’ONMC et le CODIMED. Par essence autant que par souci de l’intérêt général, de la paix sociale et de la culture de la tolérance, il n’entre pas dans les traditions d’un médiateur, d’animer la fronde, la confrontation et la mise à mal de l’amour propre. Je suis pourtant, hélas, obligé, avec urgence, de faire une mise au point d’opportunité, tant votre communiqué comporte des insinuations, traduit un manque d’élégance, un travestissement de la vérité, et enfin une véritable volonté de nuire.
Reprenons la chronologie des faits.
1 – La cause, qu’elle revête le caractère d’un contentieux, d’un litige banal, d’une querelle de copains ou d’une mésentente de famille, existe bel et bien. La cause donc, concerne les rapports entre l’Ordre national des médecins du Cameroun (ONMC), et le Collectif des médecins de la diaspora (CODIMED). Elle a fait l’objet d’un large étalage dans les supports populaires de communication. Il s’agit quand même de la santé publique, préoccupation collective.
2 – Le Médiateur universel n’est ni un mercenaire, ni un envoyé du ciel, ni un aventurier en quête de prébendes ou de gloire, c’est simplement un trait d’union, un cœur ouvert aux problèmes et aux solutions, une porte de salut, la voix des sans voix. Et dans notre société, notre contexte actuel, c’est crucial. Je suis le plus souvent sollicité, et je suis très souvent aussi, celui qui prend les devants pour aller partout où se pose un problème de dysfonctionnement dans les rapports sociaux de toutes natures. C’est un sacrifice, du patriotisme, de l’humanisme, de l’humilité aussi. C’est une démarche utile, essentielle, dans un pays où le moindre frottement entre deux automobilistes, allume tout de suite des incendies.
3 – J’ai personnellement, pris l’initiative, de me fier aux premiers éléments ventilés dans les médias. Outré parce que la présentation tendait à mettre en exergue, une équation qui se répète souvent, en somme une forme d’ostracisme à l’encontre de la diaspora en général, j’ai élevé la voix, prenant position sans attendre. C’était imprudent, trop émotionnel. La grandeur de l’âme, c’est le mea-culpa, tant qu’on s’adresse à des interlocuteurs honnêtes et intelligents. Sans cela, point de coexistence pacifique et point de transcendance du mal.
4 – Après de multiples interpellations, j’ai pris l’initiative d’un travail en profondeur, allant à la rencontre de nombreux médecins, y compris ceux de l’étranger par téléphone. J’ai pu rassembler assez d’éléments, pour me convaincre, qu’il fallait que je sollicite une rencontre avec le président de l’ordre des médecins. C’est ainsi que je lui ai adressé, le 25 août 2025, une lettre, une de ces lettres qui font revenir les morts à la vie, un chef d’œuvre d’humilité et de tendresse patriotique, un hymne au rassemblement des filles et fils d’un même pays, une supplication presque, avec une pointe d’autocritique relative. Belle, elle était, ma lettre, profonde, si profonde que même le diable avec le couteau entre dents et prêt à faire saigner des âmes innocentes, aurait renoncé. Le président m’a entendu. L’histoire a déjà consigné ça.
5 – J’ai donc reçu un appel téléphonique de l’ordre, m’annonçant, à ma grande satisfaction, que le président me recevra le mercredi 04 septembre à 15hs30, au siège de l’institution. J’ai exprimé ma joie avec véhémence, rassuré d’avoir ouvert une porte, crée une dynamique pour mieux comprendre et qui sait, donner une chance au dialogue et à l’apaisement. J’ai suggéré que je puisse communiquer tout de suite sur cette nouvelle, afin d’apaiser les esprits dans les médias. La voix au bout du fil, m’a recommandé de ne pas le faire, recommandant de le faire plutôt après la rencontre. Je me suis rangé sans autre question ni insistance à cette sagesse.
6 – Le 04 septembre, exactement à 14hs 55, je suis arrivé au siège de l’ordre. L’accueil a été des plus courtois, fraternels, chaleureux. Après les civilités d’usage, le secrétaire général, donc vous, m’a informé de l’indisponibilité du président Fonkoua. Vous avez ensuite présenté vos collaborateurs, le Pr. Ndjom Nlend Anne Christelle, représentante de l’ordre pour la région du Centre, et le Dr. Tchamfong Roger, Conseiller. Voici votre déclaration après : « Nous vous souhaitons une fois de plus la bienvenue. Je vous laisse la parole pour nous exposer vos préoccupations ».
7 – Après vous avoir exprimé mes remerciements, j’ai commencé mon exposé par l’environnement de mon expérience des problématiques de la diaspora, mon parcours, mon appréhension des zones et des sources d’incompréhension. Je voulais détailler les contacts que j’ai eus, le contenu. Hélas, vous m’avez interrompu net, comme un maître d’école face à un gamin. Et puis, vous avez repris la parole en ces termes : « Sincèrement, après votre première sortie publique, dans laquelle vous aviez pris position pour ceux qui nous accusent, nous nous sommes demandés quel genre de Médiateur vous êtes, puisque vous n’écoutez pas toutes les parties. Heureusement, votre deuxième sortie, la lettre au président, est venue arranger les choses par le ton, l’autocritique, le besoin de s’informer véritablement. C’est ce qui nous a décidé de vous recevoir aujourd’hui ».
8 – En substance, vous avez lu la loi, les textes de l’ONMC, les dispositions pertinentes qui régissent l’activité des formations privées, le cas des demandes venues de la diaspora, les genres voués à des missions ponctuelles et les permanents, la volonté de certains compatriotes qui ne veulent pas comprendre, le travail abattu par le président de l’ordre, sa rigueur que vous avez vantée, votre ouverture au dialogue.
9 – Vos propos précis : « écoutez, les gens doivent comprendre que l’ONMC s’en tient à la loi. Ce n’est pas nous qui faisons la loi, qui avons fait celle qui existe. Les confrères s’ils veulent et s’ils peuvent, n’ont qu’à aller voir le législateur. Nous, nous faisons notre travail. Eux, ils vont se plaindre au ministère, un peu partout, mais ça ne donnera rien, parce que nul ne saurait avoir les pieds dans plusieurs pays à la fois, avoir plusieurs structures à la fois. S’ils veulent ils n’ont qu’à faire corriger, changer ou évoluer la loi. En attendant, les choses sont ce qu’elles sont et ils doivent se plier ». Vous avez ensuite évoqué les cas de certains confrères à l’instar du Dr Kana et autres, que vous été obligé de gérer avec vigueur et détermination. A ce propos, vous avez déclaré que ce n’est ni l’ambassadeur ni le ministre qui gère les cliniques ou qui indiquent comment l’Ordre doit formuler son jugement professionnel. Vous avez semblé insisté sur une sorte de concurrence latente, vicieuse, entre les médecins locaux et ceux de la diaspora, laissant transparaître à ce moment-là, quelques querelles de personnes.
10 – Je suis resté très calme, vous écoutant religieusement. Je rappelle qu’un médiateur ne vient pas ajouter ou étendre les conflits, exacerber les tensions. Ma position est toujours d’écouter effectivement, avant toute observation, et c’est ce que j’ai fait. J’ai restitué le contexte du train des lois sur les libertés, vous rappelant que le Cameroun avait réalisé avec ces lois, un grand bon que peu de pays dans le monde ont réalisé aussi vite et d’un seul coup. J’ai ensuite renseigné sur les autres corporations, vous informant intelligemment que les conflits naissant de l’application de la loi 90/053 du 19 décembre 1990 sur les associations, sont parvenus à un stade qui amène le gouvernent à réfléchir sur sa réforme de ladite loi.
11 – Nous nous sommes bien entendus, sur le fait qu’effectivement, le problème posé est réel, que pour ces médecins, il faudra peut-être envisager d’autres solutions, imaginer des mesures transitoires en attendant une éventuelle réforme de la loi, ou d’autres lois. La substance de la cause, ne nous a donc divisé à aucun moment, car je n’étais ni venu comme un contradicteur malicieux, ni comme un avocat d’une partie. Je signale que pour être franc, ouvert et coopératif jusqu’au bout, je vous ai fait lire quelques notes des compatriotes de la diaspora, y compris la correspondance du président du Collectif, le Dr Dongmo, me demandant formellement de conduire une médiation si possible. Evidemment, vous n’avez pas apprécié le contenu, mais l’essentiel c’est que vous ayez pris la mesure, l’ampleur et les implications des ressentiments.
12 – Je vous ai donné raison sur la rigueur des textes, le sens de la loi, son caractère impératif et nationaliste. Toutefois, nous avons en commun, compris et convenu, que rien n’est immuable, que le monde évolue, que la société peut muter avec des conséquences légales, que les seules instances à prescrire et à consigner de nouvelles normes, comme dans tous les pays, sont celles constitutionnellement compétentes, et non les associations corporatistes. J’ai pris le soin, pour vous soutenir, d’évoquer mes expériences mémorables de médiation très réussies, aves certains de vos anciens présidents, des compatriotes et patriotes de haute intimité et de très grande réputation, les Dr Tetanyi Ekoe et Guy Sandjon, professionnels irréprochables.
13 – Après pratiquement 90 minutes d’échanges fraternels, très riches de part et d’autres, nous avons levé la séance. Voici vois paroles : « nous espérons que vous avez bien compris dorénavant ? Et ma réponse : effectivement, tout est dans la loi et c’est à l’autorité d’apporter, en tant que de besoin, selon l’opportunité, des aménagements. Ma dernière parole a été : absolument, je vais communiquer très vite à ce sujet pour apaiser les interprétations négatives et les accusations de part et d’autres. Je vais saisir le ministre pour lui faire des propositions, des recommandations, si possible. Dans tous les cas, dès demain, vous serez informés de ma démarche, avec un compte rendu le plus fidèle que possible ». Votre réponse : Ce sera bien, nous attendons.
14 – L’ambiance de fin, était franchement convivial, très loin de la froideur du début. C’est cela l’utilité du dialogue. Nous étions tous contents, au point de faire une photo souvenir, avec le téléphone du professeur Ndjom Nlend. C’est sous une pluie berceuse, témoin d’un moment de paix et de concertation positive, que j’ai pris congé, agitant la main de l’intérieur de mon véhicule, en signe de fraternité, de satisfaction et de remerciements.
15 – Le jeudi 05 septembre, le jour d’après, j’ai dépêché mon chauffeur à votre siège, pour avoir la formulation exacte des noms du Pr Ndjom Nlend et du Dr Ntchamfong. Votre collaboratrice que j’ai eue au téléphone alors, a bien été renseignée que c’était pour ne pas me tromper dans mon rapport. Chose faite.
16 – Le même jour, j’ai déposé à votre siège sous plis ouvert, une copie de ma déclaration sur notre rencontre, de même qu’une copie de la lettre adressée au ministre. Vous l’avez reçu avant le ministre, et le président du CODIMED ne l’a reçu que le lendemain.
Alors, question : qu’ai-je fait de mal ?
Vous dites avoir découvert ma déclaration dans les réseaux sociaux, est-ce exact ?
Vous semblez me soumettre à un traitement de voyou et d’usurpateur, en somme, un menteur, est-ce exact ?
Nos échanges ont été des plus fraternels, que s’est-il passé chez vous après ?
Dans mon compte rendu, vous ai-je blessé, ou ai-je manqué de respect ou de courtoisie à l’endroit de l’ordre ?
Par extrême courtoisie, je ne m’étendrai pas sur des déductions que chacun d’intelligent et d’honnête peut faire assez facilement sur votre communiqué. Je ne suis pas arrivé chez vous par effraction, j’ai été invité, pour une raison précise, sur ma demande, et dans un seul but, aplanir si possible des incompréhensions, favoriser le dialogue, ouvrir des pistes de travail, dans l’intérêt national.
A l’analyse du ton et des non-dits de votre communiqué, dont je n’ai pas reçu copie, contrairement à ce que je vous avais réservé comme traitement et civilités, on se résous automatiquement à déceler plus des questions de personnes, des questions de compétition et de concurrence, que d’effectivité dans l’application de la loi et l’intérêt de la santé.
Et tout état de cause, il est cruellement regrettable, que pour une cause aussi juste et noble, portée par des arguments valables de part et d’autre, une évidente question de santé et d’intérêt public, l’ONMC, ne soit pas disposé à privilégier le dialogue, la tolérance et l’écoute qualifiée. Votre communiqué porte le symbole d’une intention incompréhensible de fermer, barricader les portes. La loi doit et devra être appliquée, certes et je vous soutiens, mais chaque fois qu’une seule personne, dans une société, peut lever la main pour solliciter une écoute, une dérogation, une évolution ou un traitement particulier, nous avons le devoir, l’obligation de prendre néanmoins en considération son cri, même si c’est contre un avis majoritaire. A propos, ce sont les minorités, les individualités et les solitaires qui ont fait le monde et l’histoire. La science est un art de la création et de l’invention à priori égoïste. Les hommes font les lois pour les hommes, et ces lois, si elles ne sont pas, plus ou tout à fait adaptées, productives ou conciliantes au regard des urgences ou des situations nouvelles, peuvent être appelées à changer radicalement, à être revues et corrigées, modifiées ou complétées.
Je ne voulais pas vous faire une leçon de tolérance, trop petit et effacé que je suis face à des médecins et scientifiques érudits, je tenais simplement à rétablir la vérité et à préserver mon honneur ainsi que ma dignité de Médiateur faillible, d’être humain faillible et mortel, par ailleurs profondément attaché à la paix et au dialogue, universellement.
Merci d’accepter, que je vous renouvelle mon profond respect, et mes sincères remerciements, pour avoir eu l’amabilité de m’accorder un temps de parole, pour une si grande cause. La santé est une grande cause. Personne ne devrait se tromper de combat, ni sur la finalité des lois dont la destination fondamentale demeure le bonheur des habitants de la cité humaine, seulement le bonheur et objectivement le bonheur.
S’agissant enfin des associations de toutes natures, si la liberté de création est consacrée par les instruments internationaux relatifs aux droits de l’Homme et aux libertés fondamentales et renforcée par les deux protocoles additifs, leur fonctionnement ne remet pas en cause la plénitude de compétence de l’Etat sur son territoire, sacralisée par le droit international classique, et surtout ne saurait entrer en compétition avec les pouvoirs régaliens de celui-ci. La cacophonie constatée dans les associations sportives particulièrement, de même que dans certaines corporations, valide à suffire, le contrôle pour ne pas dire la nécessaire intervention tutélaire des pouvoirs publics en tant que de nécessité et d’urgence nationale.
Transmettez au président de l’ordre, je vous en prie, mes salutations fraternelles, avec mes souhaits de réussite dans son exaltante et délicate mission de représentation, de celles et de ceux qui sauvent des vies en soignant la maladie, mais qui trop souvent aussi, chez nous, provoquent la mort en soignant la maladie.
2 commentaire(s)
Voilà une mise au point épistolaire et courageuse qui dénonce la mafia de l'ONMC et de son nouveau président l'affairiste médicale le Dr Fonkoua qui est arrivé à la tête de l'ONMC au forceps
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MANGOUA MAURICE – 9 septembre 2025 21:23
La loi existe, mais ce sont les hommes qui sont chargés d’appliquer la loi. Ils doivent le faire avec discernement et humanité. Le Conseil National de l’ordre a la mission de veiller au respect des textes régissant la profession. Il doit cependant le faire en tenant compte de son environnement et des particularités. Les médecins de la diaspora essayent au Cameroun d’apporter leurs contributions à la construction d’un environnement sanitaire qui permettent à la population de se sentir encore plus en sécurité. Ils sont encouragés en cela par le chef de l’état et son gouvernement. C’est la une situation particulière qui devrait appeler de la part du conseil de l’ordre et tous les intervenants de la chaîne une approche particulière. Le mal étant fait, certainement par ignorance, pourquoi ne pas ouvrir pour les médecins de la diaspora un guichet particulier et laisser la possibilité aux médecins fautifs de se mettre en règle sous l’assistance bienveillante de la tutelle, des ambassades dans leurs pays de résidence. Je m’arrête pour l’instant ici.