Monsieur le Ministre,
Ainsi donc il aura fallu du temps, pour reprendre la publicité célèbre d’une marque de bière.
En inaugurant le complexe industriel pour la confection des tenues de nos forces armées, vous avez envoyé un message fort à tous les patriotes et nationalistes authentiques, qui ont trop longtemps espéré qu’un tel projet voit le jour.
En effet l’histoire ne se raconte plus, s’agissant des pertes en milliards résultant des importations des tenues de nos forces de défense et de sécurité, particulièrement l’armée et la gendarmerie. C’est un véritable drame que nous avons vécu toutes ces dernières années, un véritable recul. Ayant dès les lendemains de l’indépendance pris des dispositions pour créer des écoles de formation pour toutes les trois catégories des forces de sécurité, nous avions aussi mis l’accent sur le volet de l’habillement, en faisant confiance aux entrepreneurs locaux. Jusqu’au début des années 1990, plus de 80% des chaussures et tenues étaient faites localement. Puis, un coup d’arrêt, des marchés par-ci et par-là, gérés par des comparses et des hauts fonctionnaires véreux en délits d’initiés. C’était horrible, vraiment décevant.
Nous revoici, heureux, avec ce complexe qui nous honore, et pour lequel je formule les vœux les plus ardents que la gestion soit sans tâche. Certes, il restera toujours des matières premières, quelques intrants, à faire venir de l’étranger, mais je fais confiance que nous allons maîtriser les circuits, les fournisseurs et les coûts pour un meilleur rapport qualité-prix, pour un meilleur bilan à la fin.
Quoi qu’il en soit, c’est déjà une très bonne nouvelle que nous souhaitons voir se propager dans d’autres secteurs, afin de jouer sur à la fois sur notre balance des payements du commerce extérieur, et d’afficher fière allure dans nos ambitions nationalistes. Ce projet se met en route à un moment crucial, un moment où nous faisons tout pour produire le riz et le poisson, deux secteurs qui nous valent ensemble plus de mille milliards d’importations annuellement. Le secteur du ciment est déjà derrière nous, même si les nationaux n’y sont pas suffisamment représentés comme investisseurs, face à des chinois qui veulent dorénavant s’installer en monopole avec deux usines à plus d’un million de tonnes chacune ouvertes en un an. Le challenge est donc interpellant et la barre haute. Vive l’exemple qui vient de l’armée.
Je vous prie, monsieur le Ministre et cher frère, d’accepter mes félicitations, avec l’espoir immense, que notre pays va aller de l’avant, avec d’autres projets de même impact émotionnel, nationaliste et pragmatique.
0 commentaire(s)
Laissez un commentaire
Votre adresse électronique ne sera pas publiée. Les champs obligatoires
Français
English