Présidentielle 2025 : Paul Biya officialise sa candidature, entre ferveur militante et crispation de l’opposition
Deux jours après la convocation officielle du corps électoral par décret présidentiel, le Chef de l’État Paul Biya a mis fin au suspense ce samedi en annonçant sa candidature à l’élection présidentielle du 12 octobre 2025. Un geste solennel, sobre, fidèle au style de l’homme d’État réputé pour sa discrétion et sa maîtrise du temps politique.
Le président sortant entend briguer un nouveau mandat à la tête du Cameroun. Si cette annonce réjouit sans surprise les rangs du Rassemblement Démocratique du Peuple Camerounais (RDPC), elle provoque en revanche une onde de choc et de vives réactions dans les milieux de l’opposition.
« Nous saluons une décision historique ! » s’est exclamé un cadre du RDPC, présent lors de l’annonce faite dans un contexte sobre mais symbolique. De nombreux militants ont aussitôt exprimé leur enthousiasme sur les réseaux sociaux et à travers des manifestations de soutien dans plusieurs villes du pays.
Dans les rangs adverses, la consternation est palpable.
Pour le camp présidentiel, l’heure est à la stratégie. La machine politique du RDPC, bien huilée, a déjà entamé les préparatifs pour ce scrutin crucial, avec pour ambition de consolider les acquis et de présenter Paul Biya comme le garant de la stabilité dans un contexte régional tendu.
Un moment charnière pour le Cameroun
À trois mois du scrutin, cette candidature repositionne le débat électoral autour de la question de la continuité contre le changement. Si certains y voient un signal de stabilité dans un pays souvent présenté comme un pilier de la sous-région, d’autres y lisent un adversaire qu'ils ne peuvent pas vaincre par les urnes.
L’annonce intervient alors que plusieurs partis d’opposition peinent encore à s’entendre sur une stratégie commune ou sur une candidature unique.
Paul Biya, imperturbable face aux critiques, reste fidèle à son style : peu de mots, mais des actes posés avec précision. Sa déclaration de candidature s’inscrit dans une continuité que ses partisans jugent nécessaire, tandis que ses opposants y voient un verrou de plus dans le jeu politique camerounais.
La campagne s’annonce donc clivante, tendue, et potentiellement déterminante pour l’avenir institutionnel du pays.
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