Chaque force de conviction sincère et d’engagement réel, qu’elle soit positive ou négative, mérite le respect de la société, parce qu’elle révèle, en toute circonstance, et au-dela des critiques et appréhensions sectaires, la personnalité des êtres humains qui écrivent les pages de l’histoire de l’humanité.
Quand vient la mort d’un homme public et surtout le jour d’après la mort, la question qui taraude les esprits et domine les attentions, ce n’est ni la fortune ni la puissance, ni le pouvoir ni l’idéologie et la doctrine du mort, ni la chapelle ni la famille ni la nationalité. Ce qui porte l’estime, le respect et les termes de référence des jugements, c’est la qualité, la force et la pertinence de la conviction.
Point n’est besoin de spéculer ou de disserter, sur ce que furent les idées, les positions et les actions de ce compatriote, magistrat de haut rang et personnalité d’un charisme évident, père de famille et citoyen engagé à sa façon. J’ai la prétention d’aimer tous nos compatriotes d’une même manière et de leur accorder un amour et une affection sans discrimination. Aussi, quand au soir de leur vie, je suis interpellé comme frère, compatriote et partisan nationaliste, je prends la peine, la liberté et les armoiries nécessaires, pour m’incliner devant leur sépulture, prier pour leur âme et leur tranquillité.
Cet homme, Ayah, symbole d’un autre genre, modèle d’une autre école et champion d’une idée du citoyen alerte et proactif, en impressionnait et dégageait une immense ferveur patriotique. Ce n’était pas un terroriste, loin s’en faut, encore moins un désordonné. L’homme que j’ai rencontré au SED un jour en passant, mais très furtivement, était un républicain et un patriote, un nationaliste et un juriste exigeant. Je ne saurais affirmer que je partageais son idéologie, ses ambitions et sa doctrine, mais je peux ici, exprimer un profond respect, pour son engagement, la constance et la puissance de ses convictions.
L’homme qui s’en est allé, Paul Ayah Abidine, était notre frère, un compatriote profondément sentimental et sensible, un haut commis de l’Etat, en rupture, à tort ou à raison, avec ce qu’il estimait ou jugeait être, notre gouvernance. C’était son droit, sa personnalité, son destin. Anglophone, non. Francophone, non plus. Camerounais et profondément Camerounais, oui.
Saluons sa mémoire, et gardons le respect de la personnalité qu’il a légué comme modèle. L’histoire saura mieux que nous au présent, et avec le concours des générations suivantes, lui réserver la place, la juste place qu’il mérite.
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