Depuis qu’il a été désigné pour assurer l’intérim, le Pr. Fuh Calistus Gentry se livrerait à une gestion controversée du ministère des Mines, de l’Industrie et du Développement technologique (Minmidt).
L'on parle d'une ambiance délétère, faite d’intrigues, de méfiance et de guerre de clans. Les pratiques de népotisme, de concussion et de corruption seraient devenues monnaie courante, transformant le Minmidt en un comptoir informel où chaque signature aurait un prix. L’octroi de permis miniers, de marchés publics ou même de simples autorisations nécessiterait le passage par la case "enveloppe". Le tarif non officiel pour un permis semi-mécanisé atteindrait entre 30 et 50 millions de FCFA, et il faudrait jusqu’à 200 millions pour un permis de recherche.
Un secteur miné par les soupçons
Ce système de « corruption de haut vol » freinerait gravement la transformation du secteur minier, pourtant stratégique pour l’économie nationale. Riches en or, fer, bauxite ou cobalt, les sous-sols camerounais sont sous-exploités ou livrés à des entreprises bénéficiant d’un passe-droit, au détriment de l’intérêt général. Les populations locales, premières victimes de ces dérives, subissent à la fois les effets de la pollution, les conflits sociaux, et l’exclusion des retombées économiques.
Le manque de transparence, la faiblesse des contrôles et une justice jugée permissive permettraient à certains opérateurs miniers de continuer leurs activités en toute impunité. Des sources locales affirment que certaines entreprises auraient contourné les normes environnementales en versant des pots-de-vin, avec la bénédiction tacite de certains hauts responsables.
Kambèlè : étincelle d’une colère populaire
La fermeture du site aurifère de Kambèlè, dans la Kadey, décidée en septembre 2024 par le ministre par intérim, a été l’élément déclencheur d’un fort mécontentement populaire. Cette décision, initialement justifiée par des préoccupations sécuritaires et environnementales, a privé des centaines d’orpailleurs de leurs revenus, plongeant la localité dans la précarité.
Mais ce qui aurait véritablement mis le feu aux poudres, c’est qu’après avoir ordonné la fermeture du site, Fuh Calistus Gentry aurait réattribué discrètement la concession à un nouvel opérateur. Une manœuvre perçue comme une trahison par les habitants, qui se sentent floués et spoliés. À Batouri, des manifestations auraient paralysé la ville, les protestataires réclamant la révocation immédiate du ministre.
Le gouvernement face à ses responsabilités
Alors que la tension demeure vive, les autorités locales peine à contenir la colère des populations. Les populations, visiblement déterminées, refusent tout compromis tant que des mesures claires ne sont pas prises pour rouvrir Kambèlè à l’orpaillage artisanal. Le gouvernement, désormais placé devant ses responsabilités, devrait choisir entre la désescalade sociale et la préservation d’intérêts économiques parfois opaques.
Un remaniement ministériel pourrait-il changer la donne ? Rien n’est moins sûr. Mais une chose semble acquise : la gestion du Ministre par intérim, telle que décriée aujourd’hui, pose un sérieux problème de gouvernance. Et si les faits dénoncés étaient avérés, ils constitueraient un cas d’école en matière de corruption institutionnelle.
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