La Compagnie de Gendarmerie de Yaoundé II a récemment procédé à l’interpellation de sept individus dans le cadre de l’affaire dite de “disparition des organes génitaux”, un phénomène de plus en plus répandu dans certains quartiers de la capitale, qui inquiète les autorités autant qu’il alimente les violences populaires.
Les faits remontent aux 6 et 9 juin 2025. À Damas puis à Barrière, deux hommes ont été arrachés in extremis des mains de foules en colère qui les accusaient d’avoir provoqué la disparition des organes génitaux de plusieurs passants par simple salutation. Alertés, les éléments de la gendarmerie sont rapidement intervenus pour éviter un lynchage. Les suspects ainsi que les prétendues victimes ont été conduits à l’unité de gendarmerie pour les besoins de l’enquête.
Afin de vérifier la véracité des allégations, les prétendues victimes ont été soumises à des examens physiologiques rigoureux au Centre Médical de la Gendarmerie Nationale. Le diagnostic est sans équivoque : aucune anomalie, aucune mutilation, aucun phénomène surnaturel n’a été constaté. Le colonel médecin Jean-Luc Bengono Obé, chef du centre, a affirmé que les organes génitaux de tous les plaignants étaient bien en place, sains, et proportionnels à leur morphologie. “Ces personnes n’ont jamais été dépourvues de leurs organes”, a-t-il conclu.
À la suite de ces résultats, les sept personnes interpellées ont été présentées au procureur de la République le jeudi 12 juin 2025, pour répondre des faits liés à la propagation de fausses accusations et à l'incitation à la vindicte populaire.
Le phénomène, très concentré dans l’arrondissement de Yaoundé VI, a été formellement qualifié de "fake news" par le lieutenant-colonel Alain Ndongo, Commandant du Groupement de Gendarmerie Territoriale du Mfoundi. Il alimente, selon lui, une psychose au sein de la population, provoquant désordre public, violences spontanées et chasse aux supposés sorciers urbains. “Ces rumeurs sont dangereuses. Elles ont déjà causé des agressions physiques graves et doivent cesser immédiatement”, a-t-il averti.
Le capitaine Georges Mbida, Commandant de la Compagnie de Gendarmerie de Yaoundé II, a pour sa part lancé un appel au calme et à la responsabilité citoyenne. “Ne cédez pas à la panique. N’allez pas vous faire justice vous-mêmes. Si vous êtes témoins ou victimes d’un cas suspect, signalez-le au 113 ou présentez-vous dans l’unité de gendarmerie la plus proche”, a-t-il exhorté.
Alors que ce phénomène rocambolesque relève davantage de la rumeur que de la réalité, les autorités entendent renforcer la sensibilisation, rappeler la primauté de l’État de droit et prévenir tout recours à la violence basée sur des superstitions sans fondement.
0 commentaire(s)
Laissez un commentaire
Votre adresse électronique ne sera pas publiée. Les champs obligatoires
Français
English