Tous mortels et tous responsables, Le revers de la médaille, l’envers du décor et la dialectique des contraires utiles, nous invitent au respect de la mémoire des morts, l’humilité face à la maladie et une appréhension positive de l’âge
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Malheur à qui manque de respect à ceux qui ont porté les fondations
de l’Etat républicain, et animé d’une manière ou d’une autre,
la vie publique et l’évolution de notre pays jusqu’à ce jour
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Puisse l’âme du président Cavaye Yéguié Djibril, tout comme ceux de ces prédécesseurs, celui du premier président du Sénat ainsi que celui du premier président de la république Amadou Ahidjo, reposer en paix, de même que celui de Ruben Um Nyobe et de ses compagnons de l’UPC, reposer définitivement en paix, au-delà des polémiques.
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On ne construit pas une nation en célébrant la mort, ou en souhaitant la mort des tiers, quels que soient leurs statuts. On ne gagne pas, on ne triomphe pas, on ne s’élève pas parce que des gens qui vous gouvernaient, qui vous commandaient ou à qui vous reprochiez certaines choses, sont en souffrance, sont morts ou seraient handicapés. La maladie ne dépend pas de l’âge, et être âgé n’est pas et ne saurait être un crime. Les centres d’hémodialyse sont pleins de jeunes, de bébés, de personnes âgées et des gens insoupçonnés. C’est le sens profond de la vie, la consécration de la condition humaine dont la destinée demeure un grand mystère en ce qui concerne chacune de nos individualités.
Ce que j’ai entendu après le décès du président émérite de l’Assemblée nationale, le très honorable Cavayé Yéguié Djibril, venant de certaines personnes mal ou peu avisées, procède d’une insoutenable, inacceptable et condamnable profanation non seulement de la mémoire de l’illustre disparu mais plus largement de notre mémoire collective. Il est urgent de revenir à la raison, à la morale publique et à l’éthique naturelle des sociétés qui ambitionnent de grandir, de se construire et non de se détruire.
Le recours à des idéologies de haine, de jalousie et de célébration de la mort des tiers ou de moquerie sur leur état d’handicap, ne peut être assimilé qu’au défaitisme, à la paresse et à l’incompétence. Aucune révolution ne se produit parce que l’on a convaincu le destin de changer son cours, pour donner la mort. Par ailleurs, il n’y a pas meilleure façon de fracturer d’avantage une société déjà mal en point avec un cocktail de diversités tentaculaires, que de tenir des discours aussi provocateurs et haineux devant la mort, devant le deuil, devant le malheur. Tous nous avons des familles, nonobstant nos chapelles et opinions préférentielles. Pensez à tout ce que vous créez avec un discours impropre, avant de propulser les épithètes abjectes de vos langues fourchues dans l’arène du débat national.
Loin de moi toute idée de redressement des torts, et encore plus loin de moi la quête de leçon pour des adultes qui savent bien mesurer les implications directes ou indirectes de leurs déclarations. Nous ne sommes pas le même pays que les autres ou un pays comme les autres, nous sommes le Cameroun, un pays à la croisée des chemins et à l’histoire chargée de drames, mais également au destin chargé d’espoirs. Nous sommes une société où rien d’autre n’est dorénavant plus urgent que le dialogue, la sagesse, la prudence et l’humilité de tous. N’insultez personne et n’humiliez plus jamais personne. En réalité nous sommes tous plus ou moins malades, et incontestablement tous responsables de toutes nos fautes, de tout ce qui nous arrive, ou nous arrivera. Nous partageons de ce fait, un destin commun inséparable, non négociable et inéluctable./.
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